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13 décembre 2006

Double test à la béhu

Rédigé hier.

Les étudiants de psycho et de socio réalisent eux-mêmes des expériences en lien avec leurs études, souvent sur leurs collègues faqueux : ils nous soumettent des épreuves tordues, nous posent des questions surprenantes, nous font répéter des phrases étranges … afin, j’imagine, de compiler des informations sur nous, pauvres anthropomorphes pour donner du poids à ce qu’ils apprennent en cours, ou, dans certains cas, de compléter leurs propres mémoires ou thèses.

Tout à l’heure, avant mon partiel de version espagnol (qui était long et difficile), j’ai été la cible de l’une de ce genre d’études. A la béhu (bibliothèque universitaire), une étudiante parcourait la salle pour réclamer aux travailleurs attablés une participation à un questionnaire. Il me semble que les étudiants acceptent souvent, mais plus curiosité que par réel esprit d’entraide ! J’ai donc moi aussi accepté de remplir ledit formulaire. Les inconnus qui m’entouraient ont tous également interrompu leurs activités pour participer. La jeune fille distribue à chacun une feuille marquée du sceau de l’Université (le R, de François Rabelais !).

Pour chaque affirmation il nous y est demandé de répondre sur une échelle de 1 à 10 entre pas du tout d’accord et tout à fait d’accord. A peine avons nous tous commencé à parcourir le document que nous relevons le nez d’un air gêné pour observer les réactions de nos voisins. Deux premières propositions : « Il n’est pas nécessaire d’être amoureux pour avoir des relations sexuelles » et « Je regarde régulièrement des films pornographiques ». Plus loin (de mémoire) : « Faire l’amour en groupe est un de mes fantasmes » …

L’étudiante reviendra plus tard expliquer que son étude cherche à étudier l’hypothèse selon laquelle les femmes auraient une vision de l’amour plus sentimentale que les hommes, tandis que ces derniers seraient plus portés sur l’amour physique (en effet, le sondage réclame le sexe et l'âge de ses participants). C’est à partir de ce moment-là que je me suis demandé si le test portait sur les réponses données par les étudiants, ou sur la façon dont ils auront affronté leur questionnaire :

Non loin de moi, deux mecs rigolent beaucoup et entourent les chiffres à la va-vite et se vannant. En face d’eux, un autre a laissé tombé, et leur explique à voix basse qu’il ne peut vraiment pas compléter ça au milieu de tout le monde. Le type en face de moi n’a pas compris comment répondre, il me demande sans broncher : « comment je fais pour mettre tout à fait d’accord à la première question ? » (sic). Personnellement, je dois avouer que je suis un peu déconcerté par la teneur des questions et je mets mon coude devant ma feuille pour répondre. Tandis que je cherchais à tenir autrui à l’écart de mes convictions personnelles, j’aurais aimé pouvoir scruter d’autres réactions !

Sans le savoir, nous avons peut-être aussi contribué à une étude portant sur la facilité des gens à parler de leur sexualité… On peut même imaginer qu’il y avait, derrière une pile de livres, des caméras surveillant l’expression de nos visages ! 

11:01 Publié dans Etudiant en LEA à Tours | Lien permanent

Commentaires

POUR QUAND UN QUESTIONNAIRE SUR LE STACKANOVISME ???

Par ANTIRACKET, le 13 décembre 2006 à 11:30

Très intéressante cette étude.
Si j'en crois ton billet, ça permet au moins de conclure que ceux qui sont tout à fait d'accord pour dire qu' « Il n’est pas nécessaire d’être amoureux pour avoir des relations sexuelles », ont plus de mal que les autres à remplir un questionnaire ! ;-)

Par Guillaume L., le 13 décembre 2006 à 11:57

mais euh pourquoi j'ai jamais des questionnaires à remplir ?!! Les étudiants entre 2 facs doivent pas être conviés... lol
Sympathique n'empêche, ils devraient y avoir plus d'achanges entre les étudiants des diverses filières, le monde de la fac serait moins un lieu juste de passage ou chacun fait un peu plus attention à ce qui se passe autour de lui.... !

Par Méli-Mélo, le 13 décembre 2006 à 17:30

Mais plus les artefacts sont ingérables quand on demande aux gens de mettre une note. Ou alors il faudrait éventuellement mettre à la fin : qu'est-ce qu'une bonne note pour vous ? une très bonne ? une très mauvaise ? etc.
Ou alors remplacer les notes de 1 à 10 par "pas du tout", "un peu" "oui" "beaucoup", etc.

Bon sinon moi tous ces trucs sont généralement du genre à me saouler, à part peut-être la SNCF quand j'attend mon train et que j'ai fini mon bouquin... A Paris j'ai développé de grandes techniques pour repérer les gens qui viennent te poser des questions et les éviter^^

Par Elsa, le 13 décembre 2006 à 21:03

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