« Panne de tournevis | Page d'accueil | Dixit »
30 mars 2006
Bridgefoot Band
Il y a un peu moins de deux ans, j'ai fait partie d'un orchestre. C'était disons, plus ou moins l'orchestre d'un service public, pour éviter de le citer. On m'a confié la batterie, instrument dont la majorité des percussionistes d'un orchestre ont envie de jouer. Là-bas, il y a déjà énooormément de tambours, ils connaissent les Marches de l'Air par coeur en faisant tourner leurs baguettes ... mais il n'y avait pas un vrai batteur. Je ne dis pas que je suis un vrai batteur, toujours est-il qu'il leur en fallait un, j'ai été "recruté" (enfin ils m'ont trouvé, je sais plus comment ...) et j'ai tenté ma chance avec le difficile répertoire de cet orchestre (pas terr', le jeunot).
Très vite, l'ambiance ma rattrapée : machisme principalement. Un des seuls lieux ou j'ai vraiment senti une vraie discrimination envers les femmes (celles qui osent rester sont des femmes de musiciens, sinon y'en a presque plus), et envers les blondes notamment. A la fin de la répète, un gugusse crie "le bar est ouvert !", et tout ces vieux machos courent se prendre une bière et rire grassement. "Il dirige pas fort, le chef, ce soir, elle a pas dû pomper, sa bobonne !", et autres blagues vaseuses échangés entre musiciens, de 7 à 77 ans. Le chef d'orchestre que j'ai connu, d'ailleurs, avait l'air de partager mon avis et semblait exténué par la beauferie de cette assemblée d'unifomes, mais il était payé. Je pense qu'il a dû partir depuis.
Je sentais derrière moi que les autres percus conspiraient pour jouer de la batterie ... pas interêt de me lever pour aller chercher une partition ou autre chose, sans quoi ils se précipitaient pour prendre ma place sur mon tabouret, avant de m'assurer que "c'est mieux que je le fasse, ce morceau". Le timbalier piquait des colères tout le temps. Heureusement que j'avais intégré cet orchestre de fou avec un ami, qui devait jouer des claviers, sans quoi j'aurai été happé par le mauvais esprit ambiant. Nous sommes partis, un beau jour. [ELLIPSE NARRATIVE]
Reçu samedi, une lettre en recommandé demandant de restituer avant le 31 l'uniforme qui depuis lors, croupit dans ma chambre : veste, pantalon, chemise, fourragères, insignes, képi, écussons, épaulettes ... J'ai eu du mal à retrouver le noeud pap'. La cravate, par contre je l'ai perdue.
"Monsieur le président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Je viens de recevoir mes papiers militaires pour partir à la guerre avant mercredi soir." (cité de mémoire, B. Vian ; extrait qui n'a rien à voir avec le contexte, c'est vrai).
00:24 Publié dans Moi | Lien permanent
Commentaires
Tu ne partiras pas à la guerre puisque tu vas rendre ton uniforme !
A bientôt Monsieur le musicien !
Par steph, le 30 mars 2006 à 01:02
vive les pompiers...
Par damwaker, le 30 mars 2006 à 20:02



